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Mais pourquoi BRUEGEL ?
Du milieu du XVIème siècle (1550) à la fin du XVIIème siècle (1690), quatre générations de peintres des Pays-Bas (ainsi nommait-on alors l’ensemble des territoires belges, néerlandais et luxembourgeois) ont portés le nom de Breughel.
Seul Pierre Bruegel l’Ancien a signé ses tableaux du nom de BRUEGEL.
Probablement anversois d’origine (il entre dans la guilde des peintres d’Anvers en 1551), né entre 1525 et 1530, il se maria, à Bruxelles, en 1563 en l’église de la Chapelle où il fut enterré en 1569.
Son fils Jean y fit élever un monument (encore visible dans la chapelle située derrière l’imposante chaire de vérité), orné d’un tableau de Rubens (une reproduction à présent), grand admirateur de Pierre Bruegel l’ancien et ami de son fils Jean (dit de velours…).
Monument Pierre Bruegel: le tableau de Rubens
Il vécu rue Haute à l’intersection avec la rue de la Porte Rouge que l’immeuble enjambait.
La rue Haute était alors peuplée de bourgeois aisés dont les jardins, à flanc de colline, était plantés de potagers, de verger et même de vignes!
Contemporain de Michel-Ange et de Raphaël (il fit d’ailleurs le voyage en Italie…), il perpétua l’héritage de Bosch et Van Eyck en le transformant.
Son œuvre, hautement symbolique, mêle des paysages extrêmement fouillés à des scènes de la vie quotidienne, observées avec une attention minutieuse et des délires d’images extraordinaires, surprenantes, monstrueuses, choquantes ou comiques…

Dessins, peintures sur toile, sur bois, estampes impressionnent toujours celui qui les contemples.
La période où il habita note quartier vit la naissance de la Ligue des Gueux, la Tourmente Iconoclaste, la création du Conseil des Troubles et l’exécution de sept à huit milles personnes parmi lesquels les comtes d’Egmont et Hornes…

Mais aussi la réalisation des œuvres les plus magistrales de Pierre Bruegel.
Dénombrement de Béthléem
« L’interprétation de Bruegel, de l’homme et son œuvre, depuis son époque jusqu’à nos jours offre un spectacle déconcertant. L’homme a été considéré comme un paysan et un citadin, un catholique orthodoxe et un libertin, un humaniste, un esprit rieur et un philosophe pessimiste! L’artiste passa pour un disciple de Bosch et un continuateur de la tradition flamande, l’ultime des primitifs, un maniériste en contact avec l’art italien, un illustrateur, un peintre de genre, un peintre de paysage, un réaliste, un peintre transformant consciemment la réalité et l’adaptant à son propre idéal formel.» Fritz Grossman in Pierre Bruegel l’Ancien, Une Dynastie de peintre, Europalia 80 Les illustrations sont tirées du même catalogue.
La Justice
Depuis plus de trente ans l’association des commerçants essaye de développer un tourisme centré sur Bruegel dans un quartier qui possède sa maison (entièrement rénovée et transformée en musée, hélas non visitable, mais qui est enfin tombée dans le domaine public et dont nous espérons l’ouverture un jour pas trop lointain), son monument funéraire et qui est à deux pas de la splendide collection du musée d’Art Ancien de la rue de la Régence.

Pour conclure, nous dirons avec Guillaume d’Orange, contemporain de Pierre Bruegel :
Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre,
Ni de réussir pour persévérer.

Maxime d’application bien souvent…
Quelques exemples d'oeuvres...
L'âne à l'école.
La tour de Babel
La Colère.
Les gros poissons mangent les petits.